Etudes & recherches : En cours

 
 
 
 

 

 

«  Le Programme Marcel Olivier : l’accueil et la sécurisation des usages d’alcool des personnes sans chez soi comme innovation sociale », étude pour l’association Aux Captifs la libération, 2017-2018

Le CERA a réalisé pour l’association Aux Captifs la libération une étude visant à qualifier le programme Marcel Olivier. Le programme Marcel Olivier comporte une « équipe mobile » et un centre d’accompagnement pour les personnes sortant de soin ou souhaitant un accompagnement addictologique. Il constitue  également un lieu d’accueil, d’entraide et d’accompagnement non médicalisé.

Cette étude situe les actions du programme dans les dispositifs et les débats actuels sur l’usage d’alcool et l’alcoolodépendance des personnes sans domicile, à partir de recherches dans la littérature existante et d’entretiens auprès des différents acteurs, personnes accompagnées et partenaires. Il s’agissait plus précisément de situer le programme dans le paysage des dispositifs dédiés aux usagers d’alcool et alcoolo-dépendants ; et de situer les modalités d’intervention du programme parmi les modalités de prise en compte de l’usage de l’alcool dans l’intervention auprès des personnes sans domicile du secteur Accueil-Hébergement-Insertion.

Equipe
L’étude est menée par Sylvain Beck, docteur en sociologie, formateur permanent au centre de formation Saint-Honoré (Paris, 19è) et post-doctorant associé au GEMASS (Groupes d’Etude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne (Paris 4-Sorbonne/CNRS UMR 8598), sous la responsabilité scientifique d’Anne Petiau, docteure en sociologie, responsable du CERA (Buc Ressources/Saint Honoré/CEREP Phymentin), chercheure associée au LISE (CNAM/CNRS UMR3320).

 

« Effets et impacts de la mixité. Maison intergénérationnelle » - Recherche-action pour l'association Habitat et Humanisme Ile-de-France (2018-2020)

La recherche-action est menée avec les personnes concernées par un programme de logement social : une « Maison intergénérationnelle » située dans une commune d’Ile-de-France. Cette Maison rassemble une pension de famille – ou « maison-relais », dispositif de logement destiné à des personnes considérées comme en grande exclusion – et des logements sociaux classiques. La Maison intergénérationnelle se situe dans le contexte de nouveaux projets d’habitat « inclusifs » ou « solidaires », qui se situent à l’intersection du logement et du social, souhaitent répondre conjointement à plusieurs problèmes comme l’isolement des personnes âgées et les difficultés de logement des étudiants,  et qui accordent une place centrale au lien social. Elle vise à permettre l’accès au logement, provisoire ou pérenne, à des publics divers qui connaissent des difficultés pour y accéder. Elle met en œuvre un ensemble de moyens au service de la « mixité » et du « vivre-ensemble », notamment la mutualisation d’une partie des moyens de la pension de famille (équipe dédiée, espaces et animation collectifs), un accompagnement individuel et social par des travailleurs sociaux et des bénévoles.

La recherche-action investigue ce questionnement principal : dans quelle mesure le collectif de vie contribue-t-il à l’autonomie et à l’individuation des résidents ? Nous abordons l’autonomie comme liberté et capacité de l’individu à faire ses propres choix et à s’autodéterminer, mais aussi comme liberté pour des personnes de choisir leurs interdépendances. Si la mixité, dans la Maison, porte sur des critères divers et poursuit des objectifs d’entraide et de soutien à l’autonomie, on souhaite interroger ses effets sans négliger la diversité des dynamiques qu’elle peut produire, tels que le renforcement des stéréotypes, les conduites de retrait et d’isolement. Plusieurs dimensions sont investiguées : les solidarités concrètes mises en œuvre au quotidien par les résidents, la manière dont ceux-ci s’appuient sur ces solidarités pour développer leur autonomie, les types de relations instaurées entre salariés, bénévoles, résidents et locataires. Nous interrogeons ainsi les effets de la mixité, en faisant l’hypothèse qu’ils peuvent soutenir l’autonomie individuelle mais aussi collective, produire des effets d’émancipation mais aussi d’enfermement, et chercherons à saisir à quelles conditions. 

La recherche-action, d’une durée de trois ans, combine enquête par entretiens et mise en œuvre d’un processus d’analyse partagée avec les locataires des logements sociaux, les résidents de la pension de famille, les professionnels et les bénévoles intervenant dans la Maison, afin de contribuer à l’évaluation participative, qualitative et « chemin faisant » de l’expérimentation sociale.

Equipe

La recherche-action est réalisée par Philippe Chevetzoff (chercheur en psychosociologie, formateur au centre de formation Saint Honoré), Anne Petiau (sociologue, responsable du CERA et chercheure associée au laboratoire LISE UMR CNAM/CNRS), qui en assure également la responsabilité scientifique, et un « groupe de réflexion et d’analyse » composé de résidents, locataires, salariés et bénévoles de la Maison intergénérationnelle, en cours de constitution.

 

Rémunérations et statuts des aidants : parcours, transactions familiales et types d’usage des dispositifs d’aide » (Participation à la recherche portée par le Laboratoire Interdisciplinaire pour la sociologie Economique) (2016-2018)

Le présent projet a pour but d’analyser l’effet des modes de rémunération et de dédommagement de l’aide sur les formes d’investissement, le recours aux dispositifs d’aide et les équilibres familiaux des aidant-e-s proches. Cette analyse sera enrichie par le croisement entre les expériences vécues des aidants et les contextes locaux d’actions publiques dans lesquels elles s’inscrivent. La recherche portera sur le champ du handicap et celui de la perte d’autonomie des personnes âgées et se déroulera sur deux territoires locaux contrastés. Elle visera à rendre compte de la multiplicité des expériences vécues en fonction de la diversité des configurations familiales et des profils des aidant-e-s et des aidés. La recherche se propose d’explorer les effets des rémunérations sur trois grandes dimensions de l’expérience des aidants : les transactions familiales, c’est-à-dire les interactions et négociations au sein de la famille mis en jeu par l’aide ; les recours ou non recours aux dispositifs d’aide et in fine les trajectoires des aidants, c’est-à-dire la manière dont s’infléchissent leurs parcours personnels, professionnels et familiaux. On fait l’hypothèse que ces parcours et ces types de mobilisations sont étroitement liés aux ressources propres des territoires, et notamment à la densité des réseaux de soutien locaux. L’analyse approfondie de ces configurations plurielles contextualisées permettra de produire des résultats inédits sur la situation et les ajustements des aidant-e-s face aux dispositifs publics.

Equipe de recherche :
Olivier Giraud, Barbara Rist B. (dir)., Jacqueline De Bony,  Anne Petiau, AbdiaTouharia-Gaillard, Arnaud Trenta.
 

Cette recherche est financée par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA).

 

Le triptyque « personne concernée – proche aidant – professionnel.le » dans l'intervention sociale à domicile auprès de personnes handicapées psychiques
Vers une co-construction de l’intervention sociale appuyée sur des expertises multiples (2017-2019).

Résumé
La situation d'accompagnement social et sanitaire au domicile des personnes en situation de handicap psychique s'appuie sur un triptyque configurationnel réunissant trois catégories d'acteurs : les personnes concernées, les proches aidants (dont la famille) et les professionnel.le.s. Ce triptyque est emblématique aujourd'hui des logiques d'action et d'engagement émergentes depuis une dizaine d'années dans l'action sociale et médico-sociale et fait référence à la notion de triple expertise reconnue aujourd'hui dans différents rapports officiels : expérientielle du côté des personnes concernées, domestique du côté des proches aidants et clinique et méthodologique du côté des professionnel.le.s. Nous proposons d'établir une analyse de la co-construction de l’intervention sociale, dans cette configuration, autour de deux grands axes, articulés entre eux : la mobilisation et la reconnaissance des savoirs experts de chacun des acteurs, et l’évolution de l’équilibre des pouvoirs et de l’asymétrie des places. Notre terrain d’enquête est celui des services d’accompagnement à domicile (SAVS, SAMSAH, SAAD), à partir desquels nous investiguons le travail réalisé avec les proches aidants et les réseaux d’entraide (GEM notamment).
Menée par une équipe mixte chercheur.e.s/professionnel.le.s, cette recherche se propose de mettre en oeuvre un dispositif méthodologique participatif et interventionnel combinant des entretiens de cadrage, des entretiens collectifs avec des groupes homogènes comprenant des représentants de chacun des acteurs concernés (personnes en situation de handicap, proches aidants, professionnel.le.s) et par la suite des groupes d’analyse réunissant ces trois catégories d’acteurs afin de permettre l’échange, la confrontation des points de vue, mais aussi la recherche de solutions concrètes aux problèmes identifiés et pour aller vers davantage de co-construction.
Les résultats attendus sont de plusieurs ordres : la production de connaissance sur la co-construction de l’intervention sociale et la mobilisation d’expertises multiples dans celle-ci ; la formulation de pistes d’action opérationnelles pour l’amélioration de celle-ci dans les services concernés ; la diffusion de ces résultats à la communauté scientifique mais aussi aux trois catégories d’acteurs par l’intermédiaire notamment d’outils numériques de formation tel qu’un module de Formation Ouverte et A Distance (FOAD).

Portage du projet
Ce projet de recherche est porté par le Centre d’Etude et de Recherche Appliquées (CERA), en partenariat avec l’Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé (ESPASS) de l’Institut Régional et Européen des métiers de l’Intervention Sociale (IREIS) Rhône-Alpes.
Y sont également associés : le Collège Coopératif Auvergne Rhône-Alpes (CCAURA), l’Espace de Recherche et de Prospective Santé-Social (ERP-URIOPSS), le séminaire « Les voix de la délibération : de l’ethnographie du trouble à celle de régulation » du Centre Max Weber (UMR 5283 Université Lumière Lyon 2) et le Laboratoire de Changement Social et Politique (EA 7335) de l’Université Paris Diderot.
Ce projet rentre dans la programmation scientifique du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Hybrida-IS.
Equipe
Ce projet est porté par une équipe mixte, c’est-à-dire réunissant des chercheurs et des professionnels de terrain :
• Lionel Boutet (professionnel-chercheur), Directeur multi-sites (SAVS, SAMSAH, ESAT « hors les murs » et Résidence Accueil), Les Amis de Germenoy.
• Carmen Delavaloire (professionnelle-chercheure), Directrice adjointe MAS Paul Gachet, Directrice 8 Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), OEuvre Falret.
• Claire Heijboer (chercheure), Doctorante en sciences de l’éducation à l’Université Paris Descartes/Centre de Recherche sur les liens sociaux (CERLIS), Responsable de projet à Buc Ressources, Membre du CERA.
• Lydie Gibet (professionnelle-chercheure), Directrice MAS Arnaud, OEuvre Falret, Doctorante en travail social à l’ISCTE (Lisbonne)/IRTS Parmentier.
• Catherine Lenzi (responsable scientifique), directrice des pôles Recherche, Enseignement Supérieur et International à l’IREIS Rhône-Alpes et de L’Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé (ESPASS/IREIS Rhône-Alpes), Chercheure associée au Laboratoire Printemps (USVQ).
• Anne Petiau (responsable scientifique), Docteure en sociologie, Responsable du Centre d’Etude et de Recherche Appliquée (CERA), Chercheure associée au Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (CNAM/CNRS).
• Marielle Valran (chercheure), Chargée d’étude et de recherche au CCAURA, Doctorante en sciences de l’éducation à l’Université Lyon 2/Laboratoire Education, Cultures, Politiques
• Sabine Visintainer (chercheure), Formatrice à l’ARFRIPS (Lyon) et membre du séminaire « Les voix de la délibération : de l’ethnographie du trouble à celle de régulation » du Centre Max Weber.
 
Cette recherche est réalisée avec le partenariat et le soutien de la Fondation Falret